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Comprendre les documents vidéos
Portraits
Chronologie et subjectivité
Un peintre, pour réaliser un portrait, doit choisir une pose, un cadre, chercher chez son modèle l'expression qui sera révélatrice de sa personnalité. Le portrait audiovisuel a également ses règles et ses habitudes, qu'il est utile d'identifier pour une meilleure compréhension du document. L'évocation d'une vie ou d'une carrière passe par le respect de la chronologie, la sélection des événements marquants, la mise en relief des virages et des points d'orgue de cette existence. Cela se traduit concrètement par la rédaction d'un commentaire dit par un journaliste en même temps que défilent des images de la personnalité à différents moments de son existence. C'est donc le canal sonore qui permet de comprendre les images autant que les repères visuels que sont par exemple la perception de l'évolution physique du personnage ou l'identification des lieux où il est filmé. Un portrait est aussi généralement constitué de brefs documents d'archives évoquant différentes périodes de la vie du personnage. On peut également s'attendre à l'interview d'une ou deux personnes qui connaissent bien ou ont bien connu la personnalité dont on fait le portrait. Il est également primordial d'être très attentif au lancement du portrait qui renseigne sur l'événement (performance, décès, récompense, publication, élection…) qui motive la présentation du portrait. Auteurs :
Robert Angéniol, CAVILAM
Le portrait retrace la carrière d'Abdou Diouf, ex-Président du Sénégal et actuel Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie. On fait son portrait parce que le reportage a pour sujet le Sommet de la Francophonie qui vient de se terminer à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, et qu'il l'a présidé.
C'est l'accession d'Abdou Diouf à la tête de la francophonie, au sommet de Beyrouth, en octobre 2002 et sans doute son discours inaugural. La chronologie n'est pas respectée dans l'introduction du portrait. Comme souvent dans ce type de reportage, on commence par le statut actuel du personnage, pour le situer, avant de plonger dans son passé où, là, la chronologie sera de rigueur. Cet extrait de reportage est placé en tête du portrait pour faire le lien entre l'actualité (le Sommet de la Francophonie à Ouagadougou) et le personnage.
Deux personnes sont interviewées. Ousmane Tanor Dieng, ancien Directeur de Cabinet, parle de l'expérience précoce des responsabilités qu'a connu Abdou Diouf et de sa bonne connaissance des hommes, ce qui grandit sa stature d'homme d'État. Abdoulaye Wade, actuel Président du Sénégal, rival d'Abdou Diouf depuis de longues années, évoque une complémentarité entre eux et un respect mutuel qui a permis une passation de pouvoir en douceur, tout à l'honneur d'Abdou Diouf qui a su reconnaître son échec.
La journaliste parle d'Abdou Diouf et de son parcours en ces termes : un ardent défenseur de la langue française, bon disciple de Léopold Sédar Senghor, une carrière exemplaire, passation de pouvoir modèle. Le commentaire est valorisant, en accord avec les deux interviews d'Ousmane Tanor Dieng et d'Abdoulaye Wade. Il est également partial, puisqu'il ne présente que les aspects positifs de la carrière d'Abdou Diouf.
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