
Il est considéré comme l’un des pères fondateurs de l’Europe. Cet avocat né au Luxembourg entre au gouvernement français en 1946 comme ministre des Finances. C’est le 9 mai 1950, alors qu’il est ministre des Affaires Etrangères depuis deux ans, qu’il prononce sa célèbre « Déclaration ». Il propose en fait le projet soumis par Jean Monnet, chargé du plan premier plan de modernisation français : placer la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une autorité commune. Ainsi en 1951, au lendemain de la guerre, naît la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), ancêtre de notre Union européenne actuelle. Robert Schuman sera ensuite le premier président du Parlement européen de 1958 à 1960. A la fin de son mandat lui est décerné le titre de « Père de l’Europe ».
Figure du parti socialiste et homme d’Etat belge, cet avocat exerce plusieurs mandats internationaux : premier président de l'Assemblée générale des Nations Unies, secrétaire général de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de 1957 à 1961. Européen convaincu, il préside l'Assemblée consultative du Conseil de l’Europe de 1949 à 1951, et démissionne après le refus de la Grande-Bretagne d'accepter le plan Schuman. De 1952 à 1954 il préside l’Assemblée parlementaire de la CECA. Son rôle sera essentiel dans la négociation du Traité de Rome, acte fondateur de la Communauté économique européenne (CEE).
Plusieurs fois ministre et premier ministre britannique par deux fois (1940-45 et 1951-55), il est un véritable héros national au sortir de la deuxième guerre mondiale. Peu convaincu par l’idéal européen avant la guerre, il se met à le défendre avec ferveur dès 1945. Il est le premier à remettre à l'ordre du jour l'idée de Victor Hugo des « États-Unis d'Europe » lors d'un discours à Zurich en septembre 1946. Il préside le Congrès de la Haye en 1948 où 800 délégués de toute l’Europe adopteront le projet d’un Conseil de l’Europe. Il parlera même de créer une armée européenne. Mais lors de son deuxième mandat de premier ministre, sa position devient nettement plus conservatrice et il s’éloigne de la politique européenne : il finira par refuser le plan Schuman.
Ce professeur de droit allemand est Secrétaire d’Etat aux affaires etrangères de la RDA sous Konrad Adenauer. Il représente l’Allemagne lors des négociations pour le plan Schuman et le Traité de Rome (création de la Communauté Economique Européenne). Il est le premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967, et met en place le marché unique et la Politique Agricole Commune (PAC). C’est aussi durant ces trois mandats consécutifs qu’il présente le plan Hallstein dans lequel il imagine une Europe fédérale dotée de pouvoirs législatifs et exécutifs propres. Charles de Gaulle alors président de la République française, opposera son veto à ces idées d’avant-garde.
Rescapée des camps nazis, elle devient ministre de la Santé en France sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Tête de liste de l’Union pour la Démocratie Française (parti politique libéral), elle est la première femme présidente du Parlement européen (1979-82), élue lors des premières élections au suffrage universel direct. Elle y défend sa conviction d’un Europe supranationale et plaide pour l’élargissement (à l’époque à 20 pays). Elle restera députée au Parlement jusqu’en 1993. En 2005 elle appelle les français à voter oui au référendum sur la Constitution européenne.
Economiste et homme politique socialiste français, il est président de la Commission européenne de 1985 à 1995, après une période d’ « euroscepticisme » due à la crise pétrolière des années 70. Il est l’auteur du « Livre blanc » de la Commission, un vaste projet d’achèvement du marché européen. Il sera concrétisé par la signature de l’Acte unique européen (AUE) en 1986 qui modifie le traité de Rome. Pour la première fois dans l’Histoire de l’Europe, un traité institue la supranationalité (renforcement des institutions communautaires existantes et création de nouvelles institutions) et définit les étapes futures du marché intérieur. En 1989, le rapport du comité Delors, qui a réunit sous sa présidence les présidents des banques des pays membres, ouvre la voie à la monnaie unique. Il est fondateur et président du laboratoire d’idées Notre Europe.
Il est réélu quatre fois Chancelier fédéral d’Allemagne de l’Ouest puis de l’Allemagne réunifiée (1982-1998). Artisan de cette réunification, il est également l’une des figures de ce que l’on appelle la Troïka européenne (le « moteur » franco-allemand), avec François Mitterrand (alors président de la République française) et Jacques Delors. Pour lui, l’Europe ne peut se faire qu’à travers une coopération étroite entre la France et l’Allemagne. Il fait partie de ceux qui rêvent d’une Europe fédérale et sera l’un des artisans du traité de Maastricht. En 1988 il reçoit avec François Mitterrand le prix Charlemagne pour « l'amitié franco-allemande et le futur de l'Europe ».
Président de la République française pendant 14 ans (1981-1995), il est le troisième homme de la Troïka européenne avec Helmut Kohl et Jacques Delors. Ensemble, ils plaident pour une Europe
politique et pas seulement économique, avec des institutions supranationales. Il œuvre aussi pour l’ouverture de la Communauté Economique Européenne (CEE) aux pays du Sud (Espagne, Portugal).
Sous sa présidence, la France signe les Accords de Schengen, qui abolissent les frontières européennes et le traité de Maastricht, qui ouvre la voie de l'adoption de l'euro et donne une vocation
politique à l’Europe.
Ministre et président de la République française (1974-1981), il dépoussière les institutions européennes et développe la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union notamment via la création d’un sommet européen avec les chefs d’Etats membres (1974) qui devient ensuite le Conseil européen avec l’Acte unique (1986). Il met en place le Système Monétaire Européen avec le chancelier allemand Helmut Schmidt en 1979. Il est député européen de 1989 à 1993. En 2001 il est à la tête du groupe chargé de rédiger la Constitution européenne. Le texte sera finalement rejeté par la France et les Pays-Bas lors de référendums en 2005 et remplacé par le Traité de Lisbonne en 2007. Il est actuellement Président de l'Institut pour la Démocratie en Europe ??
Etudiant en Sciences politiques à Genève, son sujet de Mastère est « Le système politique portugais face à l’intégration européenne ». De retour au Portugal, il est élu 6 fois député pour le parti Social Démocrate, puis Ministre des Affaires Etrangères, jusqu’à devenir Premier Ministre. Il est donc amené à représenter son pays au niveau européen. Président de la Commission européenne depuis 2004, il a vu les « non » français et néerlandais au projet de Constitution européenne en 2005, puis le « non » irlandais au Traité de Lisbonne en 2008. Malgré tout, il semble en bonne position pour décrocher un second mandat en novembre 2009. Si les fédéralistes regrettent qu’il ait abandonné le terrain politique aux Etats membres, ce pragmatique reste le champion des pays dits libéraux, Royaume-Uni en tête.
Ce luxembourgeois fait des études de droit à Strasbourg mais n’exercera jamais son métier d’avocat. Très jeune, il se lance en politique au sein du Parti chrétien-social. Il sera député, et plusieurs fois ministre (Travail, Budget, puis aux Finances et à l’Emploi). Il est l’auteur d’une partie du volet concernant l’Union économique et monétaire contenue dans le Traité de Maastricht. Il réussit plusieurs missions délicates au niveau économique européen : proposition du principe de l’ « opting out » (dérogation pour l’exemption de l’adhésion à l’euro) accordé au Royaume-Uni en 1991, médiation entre la France et l’Allemagne au sujet du Pacte de stabilité en 1996. En 2005, il devient le premier président de l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone euro. La même année, il défend le « oui » luxembourgeois pour le projet de Constitution européenne, « oui » qui l’emportera lors du référendum. Il est actuellement gouverneur de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Pour la première fois des jeunes étrangers expriment en français leur vision de l'Europe d'aujourd'hui et leurs attentes pour l'Europe de demain.
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"Regard sur l'Europe" - Les lauréats
Le concours, à destination de jeunes journalistes, organisé par Coordination Sud, en partenariat avec RFI, TV5 Monde, La Maison de l’Europe de Paris, et Cartooning For Peace, est terminé. La remise des prix a eu lieu le 29 octobre 2008 à l’Hôtel de Ville de Paris. Les quatre lauréats sont : Hamidou Zoetaba, Benjamin Ilunga Yumba, Guy-Aimé Eblotié et Edem Gadegbeku. Voici leurs portraits, leurs articles et dessins récompensés, et un retour sur le déroulement du concours.
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