Sauvons le patrimoine littéraire !
Les éditions Adonis, dont la mission est de "diffuser sous une forme agréable et moderne les Trésors de la littérature romanesque mondiale", se sont associés à l’Organisation Internationale des Pays Francophones (OIF) et à l’UNESCO pour mettre au point un projet de "Sauvegarde et Diffusion du Patrimoine Littéraire Mondial".
De cette collaboration est née la production d’une cinquantaine de bandes dessinées de grande qualité à partir des romans les plus célèbres de la littérature internationale. Pour faciliter l’accès à l'œuvre originale, chaque album dispose d'un CD rom gratuit qui contient le texte original en numérique du livre et sa version audio.
TV5.org vous offre la possibilité de gagner ces albums grâce au concours littérature ! Bonne chance !
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littéraire
Le Tigre blanc
Aravind Adiga Edition Buchet-Chastel
Aravind Adiga décrit la sulfureuse ascension d'un Rastignac dans l'Inde de 2008. Une plume féline récompensée par le prestigieux Man Booker Prize. Sorte de Goncourt planétaire, le Man Booker Prize a la réputation de ne pas se laisser manipuler par les éditeurs britanniques, parce que son jury est régulièrement renouvelé. Cet automne, à la surprise générale, c'est un jeune Indien qui a décroché la timbale, pour un premier roman dont le président du Man Booker Prize a dit qu'il «choquait et divertissait au même degré». Né à Madras en 1974, aujourd'hui installé à Bombay, Aravind Adiga est en effet un sacré trouble-fête, et son Tigre blanc se pare des pires noirceurs pour dépeindre l'envers de ce «miracle économique indien» dont parlent les amateurs de clichés. Balram Halwai, le héros, a grandi au bord du Gange - la «rivière de la mort» - dans un bled où la misère et l'humiliation dorment sur les trottoirs. Il raconte sa traversée des ténèbres, puis son ascension de plus en plus crapuleuse du côté de Delhi et de Bangalore: devenu chauffeur d'un parvenu, il voudra lui aussi avoir sa part de gâteau, et ne pas se contenter des miettes, quitte à vendre son âme au diable... C'est le portrait d'un Rastignac oriental que brosse Adiga dans ce conte sulfureux qui fustige les archaïsmes religieux et la corruption affairiste d'un pays «où l'on gagne à jouer sur les deux tableaux, car l'entrepreneur indien doit être à la fois loyal et véreux, sincère et sournois». Le Tigre blanc est parfois caricatural, et trop exubérant, mais la griffe d'Adiga est celle d'un jeune félin dont on reparlera. Un bon coup éditorial pour Buchet-Chastel, qui publie la traduction du roman au moment même où il reçoit la plus prestigieuse récompense d'outre-Manche.
André Clavel
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