Juan Carlos Cacérès revendique haut et fort l'aspect africain du tango, remettant en avant le rôle des percussions et cherchant inlassablement tous les ingrédients initiaux de cette culture de fusion.
Juan Carlos Cacérès naît à Buenos Aires en 1936. Ce fils d'émigré italo-indien se découvre artiste très jeune. Pendant six ans, il suit les cours des Beaux-Arts, mais apprend aussi le trombone et surtout le piano. Juan Carlos évolue dans la bohème de la capitale argentine et poursuit de front ses deux amours artistiques.
Il enseigne la peinture et ouvre des clubs de jazz qui prennent modèle sur ceux de la rive gauche parisienne. Il y reçoit Juliette Gréco, Dizzy Gillepsie et un chanteur de blues que les amateurs de musique oublieront mais que ceux de bandes dessinées vénéreront : il se nomme Hugo Pratt et inventera plus tard le personnage de Corto Maltese. A cette époque, Buenos Aires est une ville particulièrement excitante pour les intellectuels et les artistes.
Consciente et fière de ses racines, la capitale argentine n'en est pas moins ouverte sur le monde. Mais la prise du pouvoir par les militaires en juin 1966 bouleverse cet équilibre.
Juan Carlos Cacérès quitte l'Argentine et gagne l'Europe. Il séjourne d'abord en Espagne puis, comme beaucoup de ses compatriotes francophiles, rejoint Paris en plein mai 68. Rapidement, grâce à ses amis argentins, il est plongé au cœur de la vie artistique parisienne et poursuit ses activités de peintre et de musicien. L'exil, c'est bien connu, renforce l'idée d'appartenance à des racines et, s'il est amoureux du jazz, toute sa vie Cacérès a vécu au rythme du tango.
Filmé à La Maroquinerie (Paris). |